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	<title>LITTERATURE</title>
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	<title>LITTERATURE</title>
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		<title>Dossier « Les Misérables ».   au cinéma, 1/4 : film de Jean-Paul Le Chanois</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck BORTELLE]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Jul 2025 12:56:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CINEMA/SERIE]]></category>
		<category><![CDATA[LITTERATURE]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[LE CLASSICISME AU SOMMET Le tournage d&#8217;une nouvelle adaptation des « Misérables », l&#8217;oeuvre colossale de Victor]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img width="600" height="800"  alt="" class="wp-image-2316 lws-optimize-lazyload" style="width:556px;height:auto"/ data-src="https://karangou-info.com/wp-content/uploads/2025/07/LES-MIS.jpg" srcset="https://karangou-info.com/wp-content/uploads/2025/07/LES-MIS.jpg 600w, https://karangou-info.com/wp-content/uploads/2025/07/LES-MIS-225x300.jpg 225w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">LE CLASSICISME AU SOMMET</h2>



<p><strong>Le tournage d&rsquo;une nouvelle adaptation des « Misérables », l&rsquo;oeuvre colossale de Victor Hugo (1862), a démarré en France sous la direction de Fred Cavayé (« Le Jeu », « A bout portant », « Pour elle »). L&rsquo;occasion de revenir sur ce que le cinéma français a fait à quatre reprises de ce roman majeur mondialement connu et traduit. Le premier volet portera sur la version de Jean-Paul Le Chanois de 1958. Un film qui s&rsquo;inscrit dans la pure tradition de ce qu&rsquo;on a appelé « la qualité française » ou « l&rsquo;académisme du cinéma français des années 50 » mais qui n&rsquo;est toutefois pas exempt de nombreuses qualités, bien au contraire. </strong></p>



<p>Avec près de 40 adaptations au cinéma, « Les Misérables », le monumental roman de Victor Hugo, sans détenir de record ni pour l&rsquo;oeuvre ni pour son auteur, fait cependant figure de grand inspirateur des scénaristes et cinéastes. Hugo se classe parmi les dix auteurs les plus adaptés à l&rsquo;écran, William Shakespeare tenant, au théâtre comme au cinéma, la première place de ce palmarès dans lequel figurent également <strong>Agatha Christie, Alexandre Dumas, Stephen King ou encore Alberto Moravia</strong>. </p>



<p>Si l&rsquo;on se place du point de vue des romans, <strong>« Les Misérables » fait également partie des oeuvres qui ont le plus inspiré les artistes de cinéma </strong>au même titre que « Roméo et Juliette » et « Hamlet », avec toutefois un plus grand éloignement pour le premier dont les adaptations libres (« West Side Story ») sont plus nombreuses que chez Hugo. Le chef de file du romantisme, avec ce roman colossal écrit à 60 ans, en impose encore et rares sont les cinéastes qui se sont écartés de cette histoire pour en livrer une version très personnelle et/ou ultra moderne. <strong>Claude Lelouch est probablement le seul à s&rsquo;y être aventuré</strong>, avec un film assez contestable, là où Tchekhov, Zola, Maupassant ou encore Dostoëivski ont motivé des adaptations très libres (« La Mouette » devenue un film sur le cinéma avec « La petite Lili » de Claude Miller, « La curée » chez Roger Vadim qui se déroule dans les années 70 avec des Caravelle striant le ciel, <strong>« Boule de Suif » en version western chez John Ford</strong> avec « La chevauchée fantastique » et « Crime et châtiment » version XXème siècle chez Georges Lampin où Razkolnikov devient&#8230; Georges Brunel). </p>



<p><strong>UN FILM DANS SON ÉPOQUE</strong></p>



<p>Rien d&rsquo;étonnant par conséquent que cette déférence envers celui que Brassens surnommait « Le père Hugo » ait motivé un cinéaste tel que Jean-Paul Le Chanois qui en a réalisé une version que d&rsquo;aucuns trouvent archi académique et représentative de cette <strong>« qualité française » selon l&rsquo;expression souvent chargée d&rsquo;une certaine condescendanc</strong>e. Là où Raymond Bernard, en pleine décennie du réalisme poétique des années 30, proposait une version (dont nous reparlerons ultérieurement) totalement en phase avec l&rsquo;époque des films de Carné, Renoir et autres Duvivier, Jean-Paul Le Chanois inscrit son adaptation dans cette décade que les jeunes loups de la <strong>Nouvelle Vague</strong> fustigeront dès 1954 sous la plume de François Truffaut dans « Les Cahiers du cinéma ». </p>



<p>Jean-Paul Le Chanois, de son vrai nom Jean-Paul Dreyfus, fut de ceux qui intégrèrent la Continental Films, cette société de production allemande créée dans Paris occupée en 1940 et dirigée par Alfred Greven sous les ordres de Joseph Göbbels, ministre de la propagande d&rsquo;Hitler. Pour ce faire, il changea bien sûr de nom pour emprunter celui de son épouse. <strong>Cet acte de résistance, conjugué à son idéal politique fortement porté à gauche</strong>, crédibilise évidemment la présence de cette adaptation des « Misérables » dans sa filmographie. </p>



<p><strong>STENDHAL, ZOLA, MAUPASSANT, DOSTOÏEVSKI</strong></p>



<p><strong>Les années 50</strong>. Le cinéma, qui a tourné au ralenti pendant la guerre, redevient le divertissement phare des Français qui ont besoin de rêve, de choses positives, de belles images, de beaux costumes. En un mot : de belles histoires. Quoi de mieux que d&rsquo;aller chercher dans la littérature matière à faire de beaux films ? C&rsquo;est ainsi que de nombreux romans du XIXème siècle vont fleurir sur les écrans :  <strong>« Le rouge et le noir » et « L&rsquo;auberge rouge »</strong> (Autant-Lara), « L&rsquo;assommoir » (qui devient « Gervaise » chez René Clément), « Notre-Dame de Paris » (Delannoy), « Crime et châtiment », « Les nuits blanches » (Georges Lampin et Luchino Visconti), <strong>« Pot Bouille » </strong>(Julien Duvivier). Sans oublier, pour les auteurs du siècle suivant, les nombreuses adaptations de <strong>Georges Simenon.</strong> </p>



<p>De beaux costumes, de chatoyants décors, une distribution cinq étoiles, une musique bien léchée, une image hyper soignée et des cadrages classiques. Un travail propre, indéniablement. Trop propre, diront les contempteurs. Et pourtant&#8230;</p>



<p><strong>FIDÈLE À TOUT PRIX</strong></p>



<p>Si l&rsquo;on écoute le cinéaste dans les compléments de programme du double DVD qui présente le film dans une version restaurée vraiment magnifique, il a opté pour ce qui semble <strong>le mot d&rsquo;ordre de toute sa vie artistique et politique : la fidélit</strong>é. Chaque personnage du film fait l&rsquo;objet d&rsquo;un travail d&rsquo;écriture extrêmement soigné notamment grâce aux dialogues co-signés René Barjavel, l&rsquo;auteur de « Ravage » et « La nuit des temps » bien connu des cinéphiles grâce à ses collaborations avec Duvivier (dont les deux « Don Camillo » qu&rsquo;a réalisés le cinéaste), Visconti (« Le Guépard »), Cayatte (« Les chemins de Katmandou »), Verneuil (« Le mouton à cinq pattes ») et&#8230; Jean-Paul le Chanois pour « Le cas du Docteur Laurent » déjà avec Gabin.</p>



<p><strong>Valjean, Javert, Fantine, Cosette, Marius, Gavroche et les épouvantables Thénardier,</strong> dont le nom est entré dans le langage courant pour désigner des êtres habités de méchanceté et de cupidité, vont donc occuper ces trois heures de spectacle non-stop. Les grandes pages du roman, de l&rsquo;arrestation de Jean Valjean à la quête d&rsquo;eau de la petite Cosette, de la mort de Gavroche sur les barricades au marchandage ignoble des Thénardier pour lâcher la gamine, sont donc bien présentes et constituent tout comme chez Hugo, <strong>des scènes mémorables</strong>. Un peu comme dans les plus fidèles adaptations de « Anna Karenine » de Tolstoï, les points de passage obligés (l&rsquo;arrivée en gare d&rsquo;Anna, sa rencontre avec Vronski, le mariage de Kitty et Levine, la déchéance puis la mort d&rsquo;Anna) n&rsquo;ont pas été éludés et la construction finalement très cinématographique des romans va alimenter et, dans une certaine mesure, faciliter le travail des scénaristes. </p>



<p><strong>CETTE PETITE PHRASE&#8230;</strong></p>



<p>Ainsi que l&rsquo;explique Delphine Gleizes dans les bonus, Le Chanois, communiste avéré, ne va toutefois pas se contenter de reprendre les thèmes du romancier dans son film mais va y ajouter sa petite touche. Ainsi cette petite phrase <strong>« A chacun ses besoins »</strong> qui peut sembler anodine mais se charge de sens dans la bouche du révolutionnaire Marius (Gianni Esposito, très bon) juste après l&rsquo;évocation de son dessein de « détruire la misère », phrase hugonienne à plus d&rsquo;un titre, et qui n&rsquo;est autre que <strong>la devise du Parti communiste. </strong></p>



<p><strong>Le choix des comédiens,</strong> qui constitue indéniablement le très grand atout de cette fresque, emprunte le même sillon revendicateur du cinéaste. Et même si <strong>Bourvil</strong>, aussi génial qu&rsquo;inattendu dans le rôle de Thénardier, surprend, il n&rsquo;en reste pas moins un comédien immensément populaire dans une composition qui l&rsquo;est tout autant. <strong>L&rsquo;immense Sylvia Montfort</strong>, la plus célèbre Chimène de l&rsquo;histoire du théâtre français aux côtés de Gérard Philipe, est une sublime Éponine Thénardier mais fut également, comme son metteur en scène, une résistante émérite. <strong>Bernard Blier</strong>, devenu très populaire dès « Hôtel du Nord » de Carné, est un impeccable Javert, aussi droit que roublard, vindicatif jusqu&rsquo;à la folie suicidaire.</p>



<p>Mais c&rsquo;est bien sûr<strong> la stature de Jean Gabin </strong>qui en impose le plus. Le comédien qui fut un des émissaires du <strong>Front Populaire</strong> à travers ses rôles dans les années 30 (« La belle équipe », « Pépé le Miko ») et qui aurait été un magnifique Hugo dans un biopic consacré au romancier, parvient, malgré l&rsquo;ampleur du rôle, à <strong>ne jamais tirer à soi la couverture </strong>et à faire parler les silences autant que les mots. Son interprétation chez Le Chanois (avec lequel il tourna « Le cas du docteur Laurent » et qu&rsquo;il retrouvera dans « Le jardinier d&rsquo;Argenteuil » et « Monsieur ») force l&rsquo;admiration, loin des rôles dans lesquels il finira par se fossiliser dans les années 60/70. </p>



<p>Même si la version initiale de plus de 5 heures a été réduite presque de moitié, celle que propose René Chateau dans ce double DVD assorti de jolis compléments n&rsquo;en demeure pas moins plus qu&rsquo;honorable car elle mène là où toute adaptation cinématographique d&rsquo;une oeuvre littéraire devrait mener : <strong>l&rsquo;irrépressible envie de (re)prendre en mains le livre&#8230;</strong></p>



<p><strong>Franck BORTELLE</strong></p>



<p>« Les Misérables » de Jean-Paul Le Chanois, 1958. Durée : 3h00 Avec Jean Gabin, Danièle Delorme, Bourvil, Bernard Blier, Sylvia Montfort, Serge Reggiani. Scénario : Jean-Paul Le Chanois et René Barjavel. </p>



<p>Bonus DVD : interview de Jean-Paul Le Chanois et Bernard Blier au moment du tournage et analyse du film par Arnaud Laster, président de la société des amis de Victor Hugo et Delphine Gleizes. </p>



<p> </p>
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		<title>« Clamser à Tataouine » de Raphaël Quenard</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck BORTELLE]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Jul 2025 06:11:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[LITTERATURE]]></category>
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					<description><![CDATA[COMME UN OXYMORE DE RIRE La nouvelle coqueluche du cinéma français effectue une entrée fracassante]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img width="400" height="622"  alt="" class="wp-image-2305 lws-optimize-lazyload" style="width:398px;height:auto"/ data-src="https://karangou-info.com/wp-content/uploads/2025/07/Clamser-a-Tataouine.jpg" srcset="https://karangou-info.com/wp-content/uploads/2025/07/Clamser-a-Tataouine.jpg 400w, https://karangou-info.com/wp-content/uploads/2025/07/Clamser-a-Tataouine-193x300.jpg 193w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">COMME UN OXYMORE DE RIRE</h2>



<p><strong>La nouvelle coqueluche du cinéma français effectue une entrée fracassante dans les librairies avec un roman qui dynamite les codes, égratignant sans vergogne la bien-pensance. Dans un style ciselé, même si parfois un tantinet démonstratif, le jeune romancier nous mène sur les pistes délicieusement glissantes du politiquement incorrect à travers un personnage de serial killer décomplexé et diablement réfléchi. Un exercice purement jubilatoire qui navigue entre Dard et Vian.</strong></p>



<p><strong>Il est le chouchou des plateaux télé</strong> depuis quelques mois maintenant. Avec cette voix, immédiatement reconnaissable et qui sème la confusion sur ses origines alors qu&rsquo;elle n&rsquo;est que la conséquence d&rsquo;une malformation nasale, le gars étant tout bêtement de Grenoble, il assure le show aussi assurément qu&rsquo;un Luchini, la modestie en plus. <strong>Véritable oxymore à lui tout seul</strong>, il impose son style par des pensées fulgurantes sous une nonchalance de façade. <strong>Son livre lui ressemble&#8230;</strong></p>



<p>Un type asocial rate son suicide et décide de se venger sur la société en devant féminicide. Avec un sens de l&rsquo;organisation qui frôle la maniaquerie, il orchestre la suppression en bonne et due forme une demi-douzaine de femmes issues de milieux radicalement différents. Jusqu&rsquo;au jour où&#8230;</p>



<p><strong>UN CARTON EN LIBRAIRIE</strong></p>



<p><strong>Le style est percutant, décomplexé et souvent très drôle.</strong> Un humour macabre totalement assumé persille ce roman à nulle autre pareil. Jouant sans cesse sur l&rsquo;amoralité de son personnage, le jeune romancier, qui effectue une entrée plus que remarquée (son livre en est déjà à plusieurs rééditions) dans le landernau littéraire, balade le lecteur au gré à la fois de <strong>ses rues pavées des pires intentions et des méandres de son mental en perpétuelle ébullition. </strong></p>



<p><strong>Avec une science du détail quasi entomologique</strong>, le romancier scrute les faits et gestes des victimes de ce personnage qui compose avec une loufoquerie permanente pour mieux alimenter un constat social parfois vitriolé. Ainsi, entre <strong>références qui sont plus que de simples clins d&rsquo;oeil </strong>(Boris Vian dans « L&rsquo;Ecume des jours » mais aussi toute la mouvance surréaliste jusqu&rsquo;à Frédéric Dard et Michel Audiard, voire Bertrand Blier) et sa propre vision du monde, Raphaël Quenard nous balance en pleine tronche une mini-bombe où le rire, certes dominant, laisse parfois place, à travers des phrases quasi proverbiales, à une prise pour témoin du lecteur d&rsquo;<strong>un monde en pleine déconfiture</strong>&#8230; </p>



<p><strong>Assurément, un délicieux traquenard !</strong></p>



<p><strong>Franck BORTELLE</strong></p>



<p>« Clamser à Tataouine » de Raphaël Quenard, Editions Flammarion.</p>



<p>Extraits : </p>



<ul>
<li>La sagesse tient plus de l&rsquo;acceptation de notre bassesse qu&rsquo;à son combat</li>



<li>Dire tout et son contraire, c&rsquo;est le début de la transparence. C&rsquo;est le seul moyen de retranscrire avec justesse le chaos d&rsquo;une âme humaine.</li>



<li>Le jargon impressionne. Entrer dans le détail d&rsquo;un sujet, voilà la meilleure façon d&rsquo;éviter d&rsquo;en parler. Pas même besoin de creuser, il suffit de donner l&rsquo;illusion qu&rsquo;y entrer ne nous poserait aucun problème. Le triomphe de l&rsquo;esbroufe. </li>



<li>Comme tous les conseils sortant d&rsquo;une bouche plus âgée, on ne les comprend vraiment que plus tard. Nul pédagogue n&rsquo;égale le temps qui passe. </li>



<li>Elle a eu la main lourde sur le rouge à lèvres. En plus d&rsquo;avoir été généreuse, Louise a été maladroite. Le dépôt déborde de ses lèvres par endroits, Mon esprit déréglé interprète sa maladresse comme une volonté de se donner l&rsquo;air souillon de celle qui vient de se faire limer la barquette. Sur le volet capillaire, on reste dans elle thème.Uncoiffé-décoiffé chic-débraillé qui m&rsquo;excite comme un canasson. Je l&rsquo;imagine brûlant ma bite à deux mains avec l&rsquo;habileté d&rsquo;un chef étoilé maniant son poivrier. </li>



<li>Elle déroule. Ses excursions pédestres constituent pour elle un retour à l&rsquo;essentiel. L&rsquo;isolement et le silence produisent sur elle un effet des plus bienfaiteurs. Le rat des villes que je suis a bien conscience de cette possible exaltation mais sa concrétisation est malheureusement mise à mal par cette paralysante flémingite qui, trop souvent, fait de moi l&rsquo;esclave servile de mon canapé.</li>
</ul>
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			</item>
		<item>
		<title>« Flamboyante Zola » de Jean-Louis Milesi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck BORTELLE]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Jul 2025 18:18:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[LITTERATURE]]></category>
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					<description><![CDATA[AUX MALHEURS DES DAMES Le scénariste de Robert Guédiguian s&#8217;empare de la vie privée du]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img width="400" height="622"  alt="" class="wp-image-2298 lws-optimize-lazyload" style="width:490px;height:auto"/ data-src="https://karangou-info.com/wp-content/uploads/2025/07/flamb.jpg" srcset="https://karangou-info.com/wp-content/uploads/2025/07/flamb.jpg 400w, https://karangou-info.com/wp-content/uploads/2025/07/flamb-193x300.jpg 193w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></figure>



<p><strong>AUX MALHEURS DES DAMES</strong></p>



<p><strong>Le scénariste de Robert Guédiguian s&#8217;empare de la vie privée du créateur des Rougon-Macquart en prenant appui sur la triste découverte d&rsquo;Alexandrine, l&rsquo;épouse légitime, de la double vie de son célèbre mari et des deux enfants qui en sont nés. Larmoyant et pompeux, l&rsquo;auteur passe à côté d&rsquo;un très bon sujet, se contentant de faire de la presse people. Décevant.</strong></p>



<p>Les amateurs du cinéma de Robert Guédigian auront forcément repéré son nom au générique de bon nombre de films. Jean-Louis Milesi est en effet le créateur des personnages hauts en couleurs de Marius, Jeannette, Marie-Jo et autres Lady Jane. On lui doit l&rsquo;histoire du plus poignant film du célèbre Marseillais, « La ville est tranquille » mais aussi celle du pire opus du cinéaste, « Les Neiges du Kilimandjaro » qui n&rsquo;est pas un remake du film de Henry King d&rsquo;après Hemingway mais une histoire inspirée de la chanson éponyme de Pascal Danel, parangon de niaiserie comme on en pondait treize à la douzaine dans les années 60. Le film de Guédiguian est à l&rsquo;avenant et le bouquin de Milesi aussi&#8230;</p>



<p>Nous sommes à la fin du 19ème siècle. <strong>Emile Zola</strong> vient d&rsquo;achever sa colossale série romanesque des Rougon-Macquart avec « Le Docteur Pascal ». Son épouse Alexandrine apprend par un courrier furtivement torché sur un bout de papier que son illustre mari entretient depuis trente ans une liaison avec une certaine <strong>Jeanne Rozerot</strong> qui lui a donné deux rejetons. S&rsquo;ensuivent de multiples questionnements qui alimentent un psychodrame en bonne et due forme&#8230;</p>



<p><strong>UNE LITTÉRATURE DE CANIVEAU</strong></p>



<p>Sans chercher à jouer l<strong>es ayatollahs de la vérité historique</strong> (avec laquelle Milesi joue pourtant de manière parfois éhontée), disons tout net que cette évocation de la vie privée du chef de file du naturalisme s&rsquo;avère <strong>un ratage sévère</strong>. Se fourvoyant dans des détails parfois sordides qui ne rehaussent bien sûr pas son propos, l&rsquo;auteur nous livre plutôt de la littérature de caniveau dont la forme ne repêche pas le fond. Bien mal écrite et plus encore lorsque Milesi tente de faire du Zola (un comble !), cette évocation d&rsquo;une cocue de plus aurait mérité un peu plus d&rsquo;attention sur celui qui en était le responsable car au fond, Alexandrine n&rsquo;ayant jamais été pour Zola ce que fut Juliette Drouet pour Hugo, le total désintérêt pour sa personne finit par être aussi inévitable que celui que nous fait ressentir Milesi trois cents pages durant. </p>



<p>Larmoyante, oui. Flamboyante non !</p>



<p><strong>Franck BORTELLE</strong></p>



<p>« Flamboyante Zola » de Jean-Louis Milesi aux éditions Presses de la Cité.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>« LE BUVEUR DE BRUME » de Guillaume Gallienne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck BORTELLE]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Jul 2025 14:47:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[LITTERATURE]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[GAUMARDJOUS ! (1) Dans un style simple, le comédien bien connu des spectateurs de la]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>GAUMARDJOUS ! (1)</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img width="250" height="382"  alt="" class="wp-image-2279 lws-optimize-lazyload" style="width:575px;height:auto"/ data-src="https://karangou-info.com/wp-content/uploads/2025/07/CVT_Le-buveur-de-brume_6205.jpg.webp" srcset="https://karangou-info.com/wp-content/uploads/2025/07/CVT_Le-buveur-de-brume_6205.jpg.webp 250w, https://karangou-info.com/wp-content/uploads/2025/07/CVT_Le-buveur-de-brume_6205.jpg-196x300.webp 196w" sizes="(max-width: 250px) 100vw, 250px" /></figure>



<p><strong>Dans un style simple, le comédien bien connu des spectateurs de la Comédie française mais également des salles de cinéma nous emmène dans le pays de ses ancêtres, la Géorgie. De la diversité qui y règne et dont les Géorgiens se targuent à juste titre, l&rsquo;auteur va s&#8217;emparer pour livrer une oeuvre qui elle aussi affiche une multitude de thèmes. Un voyage passionnant pour découvrir ce pays dont on ne parle finalement que lorsqu&rsquo;il subit les assauts du géant russe ou lorsqu&rsquo;un de ses représentants s&rsquo;illustre en Ovalie&#8230;</strong></p>



<p>La Géorgie&#8230; <strong>Ce pays qui, lorsqu&rsquo;on ne lui fait pas l&rsquo;affront de le confondre avec son homologue américaine, ne fait guère parler de lui. </strong>Flanqué entre Turquie et les monts du Caucase qui le séparent du géant et parfois gênant voisin russe, il marque pourtant tout visiteur qui s&rsquo;y aventure. De ses déserts arides proches de l&rsquo;Azerbaïdjan aux rivières de montagnes qui ont donné la naissance à la ville thermale de Borjomi, <strong>des vignes de la luxuriante Kakhétie</strong> aux rivages de la Mer Noire, la Géorgie explose de diversité comme si cette terre de rencontres avait conservé un héritage qu&rsquo;elle a fait sien de tous ceux qui ont foulé son sol. <strong>La diversité dont les Géorgiens se targuent à juste titre est partout,</strong> des paysages aux climats, de la gastronomie à l&rsquo;architecture, sans parler d&rsquo;une multitude de grands représentants des arts et lettres, du peintre Pirosmani aux cinéastes Kalatozov (son vrai nom : Kalatozchvili, auteur du chef d&rsquo;oeuvre « Quand passent les cigognes »), Paradjanov, Iosseliani ou l&rsquo;incontournable Rezo Chreidze auteur du film le plus célèbre du pays « Le père du soldat ». </p>



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<p><strong>UN TABLEAU COMME POINT DE DÉPART</strong></p>



<p>C&rsquo;est un tableau représentant une de ses aïeules qui sert de point de départ à ce roman totalement autobiographique. Le narrateur a en effet l&rsquo;idée au demeurant un peu loufoque d&rsquo;aller passer la nuit dans un musée devant <strong>ladite représentation dont il n&rsquo;hésite d&rsquo;ailleurs pas à dire qu&rsquo;elle ne lui ressemble pas du tout</strong>. De déboires en déconvenues, il finira par être convié dans un autre musée, flanqué de trois gardes du corps prénommés Guio (diminutif de Giorgi, prénom masculin le plus répandu là-bas) mais bien en présence de la toile en question. <strong>La nuit va, comme dit l&rsquo;apophtegme, lui porter conseil&#8230;</strong></p>



<p>Dans un style simple, <strong>comme s&rsquo;il s&rsquo;interdisait de tenter d&rsquo;imiter les grands du répertoire qu&rsquo;il a joués à la Comédie française,</strong> il nous emmène donc à Tbilissi, la capitale aux quarante églises que traverse la nonchalante Koura. Cette ville que surplombe une forteresse où se tenait l&rsquo;ancien coeur de la cité va être décrite par le romancier avec force détails que tout voyageur ayant visité la Géorgie ne manquera pas de repérer. <strong>C&rsquo;est un regard très lucide mais jamais dénué d&rsquo;une vraie tendresse</strong> qu&rsquo;il porte sur ses ancêtres et leurs descendants. De l&rsquo;accueil toujours grandiose réservé aux invités et visiteurs aux tablées couvertes de victuailles (<strong>la gastronomie géorgienne devrait figurer au patrimoine de l&rsquo;UNESCO</strong>), de cette langue ultra complexe (une des plus vieilles du monde) aux cérémonies religieuses (toujours très impressionnantes), Guillaume, sans les garçons, passe à table et nous livre un état des lieux riche et coloré de son pays d&rsquo;origine.<strong> Il n&rsquo;exclut par pour autant, et ce n&rsquo;est pas la moindre des qualités, ce que la Russie a apporté dans son parcours culturel.</strong> Grand amateur de Dostoïevski (l&rsquo;inverse surprendrait) et amoureux d&rsquo;Anna Karenine, la suppliciée des convenances sous la plume de Tolstoï, il cite également le génial roman « Oblomov » de Gontcharov que Nikita Mikhalkov porta à l&rsquo;écran dans les années 70.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img width="768" height="1024"  alt="" class="wp-image-2281 lws-optimize-lazyload" style="width:524px;height:auto"/ data-src="https://karangou-info.com/wp-content/uploads/2025/07/CUI03-768x1024.jpg" srcset="https://karangou-info.com/wp-content/uploads/2025/07/CUI03-768x1024.jpg 768w, https://karangou-info.com/wp-content/uploads/2025/07/CUI03-225x300.jpg 225w, https://karangou-info.com/wp-content/uploads/2025/07/CUI03-1152x1536.jpg 1152w, https://karangou-info.com/wp-content/uploads/2025/07/CUI03-1536x2048.jpg 1536w, https://karangou-info.com/wp-content/uploads/2025/07/CUI03-1024x1365.jpg 1024w, https://karangou-info.com/wp-content/uploads/2025/07/CUI03-scaled.jpg 1920w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>



<p><strong>PLUS QU&rsquo;UN SIMPLE VOYAGE</strong></p>



<p><strong>C&rsquo;est plus qu&rsquo;un voyage, c&rsquo;est un parcours initiatique que livre le romancier.</strong> Puissamment cathartique, son périple et son expérience vont aussi le mener sur les routes cabossées de son passé familial. La Géorgie aurait-elle cette force ? A en lire ces quelque 280 pages, on se prend à y croire. Y passer quelques mois ou quelques années finit par nous en convaincre car, ainsi que nous le confesse l&rsquo;auteur de <strong>cet ouvrage diablement original et au titre d&rsquo;une poésie folle</strong>, on ne revient pas indemne de cette expérience au pays des rinkali (2) et de la limonade à l&rsquo;estragon&#8230;</p>



<p>(1) « A la vôtre » en géorgien</p>



<p>(2) un des nombreux plats phare de la gastronomie géorgienne.</p>



<p><strong>Texte et photos : Franck BORTELLE</strong></p>



<p>« Le buveur de brume » de Guillaume Gallienne aux Editions Stock. 280 pages.</p>



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		<title>ROMAN : « SON ODEUR APRÈS LA PLUIE » de Cédric Sapin-Defour</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Franck BORTELLE]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Apr 2024 19:05:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[LITTERATURE]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[AU NOM DE TOUS LES CHIENS C’est le roman que tous les amoureux de la]]></description>
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<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img width="643" height="1024"  alt="" class="wp-image-1877 lws-optimize-lazyload" style="width:643px;height:auto"/ data-src="http://karangou-info.com/wp-content/uploads/2024/04/son-odeur-643x1024.jpg" srcset="https://karangou-info.com/wp-content/uploads/2024/04/son-odeur-643x1024.jpg 643w, https://karangou-info.com/wp-content/uploads/2024/04/son-odeur-188x300.jpg 188w, https://karangou-info.com/wp-content/uploads/2024/04/son-odeur.jpg 678w" sizes="(max-width: 643px) 100vw, 643px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading">AU NOM DE TOUS LES CHIENS</h2>



<p><strong>C’est le roman que tous les amoureux de la gent canine, et même animale en général, attendaient. Cédric Sapin-Defour nous livre une histoire poignante mais non départie d’une haute portée philosophique sur treize années d’un bonheur sans faille auprès d’Ubac, bouvier bernois, véritable élévateur de conscience et d&rsquo;humanité. Un livre incandescent comme une fusion, celle d’un homme avec son plus fidèle compagnon</strong>..<strong>. C&rsquo;est déjà un best-seller</strong></p>



<p>Nul doute que Milan Kundera (dont le chien Karenine hante « L’insoutenable légèreté de l’être » jusqu&rsquo;à la dernière partie qui lui est entièrement consacrée), Marguerite Yourcenar, Colette, Victor Hugo (d’ailleurs cité) ou encore Emile Zola et Jacques Prévert (également mentionné) auraient sans sourciller apporté leur bénédiction à cet ouvrage aussi beau que puissant. <strong>Si la littérature a souvent rendu un digne hommage à ce genre si souvent outragé, supplicié, humilié et offensé, elle ne s&rsquo;est que rarement penchée sur cette passion qui peut lier un homme à son chien&#8230;</strong></p>



<p>« C’est tellement ça ! ». Voilà la phrase que le lecteur de ce magnifique ouvrage sera amené à prononcer au bas mot une page sur deux. Qu’il s’agisse de leurs gestes rituels ou de leurs regards interrogateurs, des craintes répétées ou des joies fugaces qu’ils font naître en nous, de leur forme plus développée qu’il n’y parait de leur intelligence<strong> (et merde à Descartes en passant !)</strong> ou de leur propension à la « foldinguerie », de leur présence quand ils ne sont plus là ou de leur absence lorsqu’on les a laissés seul à surveiller le logis, les chiens se ressemblent tous beaucoup, tellement. Et pourtant…</p>



<p>C&rsquo;est quelque chose d&rsquo;indicible qui souvent les différencie. Parce que c’est lui et pas un autre. Parce qu’elle, ce jour-là, nous aura traversé de part en part d’un simple regard lourd de sens. Parce que votre rencontre est en nulle autre pareille. Parce que… parce que… Parce que c&rsquo;est celui-ci ou celle-là qu&rsquo;on aime, tout simplement&#8230; </p>



<p><strong>UN TITRE MAGNIFIQUE</strong></p>



<p><strong>Ce sont toutes ces petites différences qui s’inscrivent dans un délicieux maelström de similitudes que l’auteur de « Son odeur après la pluie » (quel titre magnifique !) nous invite à suivre.</strong> Nous partons avec lui, du berceau à la tombe d’Ubac, splendide bouvier bernois. Les balades folles dans les Alpes, les visites rassurantes puis de moins en moins chez le vétérinaire, l’arrivée d’une compagne humaine puis de deux canines, la vie toute simple et tranquille dans cette thébaïde quasi cénobitique où s’enivrer de nature et se harasser de complicité constituent la plus impérieuse des priorités. </p>



<p>Aucun instant, aucune seconde ne mérite d’être gâchée et en extraire tout le bonheur du monde s’inscrit dans un ensemble sensoriel dont l’animal est le moteur, le cœur en fusion. <strong>C’est avec beaucoup de philosophie et même d&rsquo;humour que sont projetées toutes ces belles théories qui font de l’homme flanqué d’un animal un être à part</strong>, un être de toute évidence plus alerte à affronter la vie et ses vicissitudes. Viscéralement attaché à son chien, le romancier se fait parfois essayiste et c’est un authentique traité de tolérance, d’humanité et d’amour qu’il déploie tout au long de ces presque trois cents pages. Jamais polémiste (même s’il y avait de quoi), toujours à extraire de ce si étroit compagnonnage une leçon de vie et de savoir-vivre, l’auteur, au nom de tous les chiens, qu’ils s’appellent Ubac ou Scooby, Taïna ou Corniche, Toutouille ou Louloune,  Linka ou Cybèle, prénoms et surnoms confondus, nous embarque dans un voyage vers un monde presque parallèle où le personnage principal est ce <strong>« quadripède qui nous fait tenir debout ». </strong></p>



<p><strong>Franck BORTELLE</strong></p>



<p>« Son odeur après la pluie », de Cédric Sapin-Defour aux éditions Stock</p>



<p><strong>QUELQUES EXTRAITS</strong></p>



<p>« Avec Ubac, nous croisons beaucoup d&rsquo;autres chiens équipés de leurs maîtres. Je me demande à chaque fois comment ils s&rsquo;aiment, s&rsquo;il se parlent et s&rsquo;ils sont convaincus, eux aussi, que leur histoire est par elle autre égalée ». </p>



<p>« Vivre avec un chien vous initie aux objections silencieuses et je crois que j&rsquo;envie ce confort muet de ne pas avoir à répondre à tout ». </p>



<p>« Le coeur d&rsquo;un chien ne monte pas en puissance, il est en haut, gonflé, tout de suite et toujours, il y a l&rsquo;amour dès le réveil, c&rsquo;est cette pleine vitalité qui sans doute l&rsquo;épuise et raccourcit son passage. On pourrait se dire que la gaieté lui est facile, d&rsquo;inquiétudes et d&rsquo;exigences il n &lsquo;en a pas, c&rsquo;est bien peu considérer la force morale des bêtes ». </p>



<p>« Je le photographie sous toutes les coutures. Je me demande souvent à quoi bon, jamais l&rsquo;à-plat d&rsquo;une photo n&rsquo;égalera les envolées du réel, mais quoi d&rsquo;autre que ces bouts de papier satiné pour un jour en attiser le souvenir. Et j&rsquo;écris sur lui. Un peu tous les jours puis aux grandes rencontres. Juste ce qui&rsquo;l faut. Ne pas le faire, ce ne serait que vivre. Et trop de lignes, oublier de s&rsquo;y consacrer ». </p>



<p>« Je n&rsquo;ai toujours pas compris cette sentence classique des couples aux enfants jolis et à la pelouse bien tondue : « Ne manque plus qu&rsquo;un chien », récitent-ils comme si sa présence était l&rsquo;utile accessoire d&rsquo;une vie ordonnée ». Car en vérité, c&rsquo;est bien l&rsquo;inverse sa venue dérange tout ». </p>



<p>« La compagnie d&rsquo;un chien ne rend rien excessif, ni le temps ni l&rsquo;espace. Ce n&rsquo;est même pas histoire de le passer le temps, c&rsquo;est d&rsquo;en être ». </p>



<p>« Les rares instant où il n&rsquo;est pas là, à mes côtés, cette question revient : mais où est Ubac ? Aux yeux de mon petite monde, nous formons une dyade, un organisme vivant, ni lui ni moi mais fait des deux. Je n&rsquo;ai je crois, jamais passé autant de temps avec un même être. Lorsque je marche, nous marchons. Lorsqu&rsquo;il s&rsquo;arrête, je m&rsquo;arrête ».</p>



<p>« Qui un jour, depuis sa chaire vermoulue, a décrété que l&rsquo;animal était à ce point distant de l&rsquo;homme, démuni de ci, de ça, d&rsquo;émoi, d&rsquo;exaltation ou d&rsquo;un autre de nos sensibles monopoles et que tout rapprochement était sot ? L&rsquo;homme pardi. Eriger la toise, se dire le plus grand, voilà un aux règles bien pipées ».</p>



<p>« Le petit monde autour s&rsquo;est fait à nous de la sorte ; nous sommes « les deux, tu sais les deux avec les trois chiens » et cette définition nous convient car il nous semble qu&rsquo;elle n&rsquo;efface rien de la vie ni ne la remplace, au contraire, elle la granule aspérités qui harponnent tout ce qui passe autour d&rsquo;elles dont cette chose indéfinissable qu&rsquo;on appelle le bonheur ». </p>



<p>« La seule scission du temps j&rsquo;étais déjà conscient est qu&rsquo;il y avait eu avant Ubac et désormais Ubac ; l&rsquo;amour, ça coupe la vie en deux ». </p>



<p></p>
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