ENTRE SOUPLESSE ET RIGIDITÉ

Une sortie de résidence puissante et chargée de symbole a ouvert la soirée avec le spectacle « Rouge » auquel a succédé une compétition endiablée où se sont affrontées huit équipes rivalisant de prouesses et de créativité. Une réussite totale malgré une rigidité doublée d’un indéniable chauvinisme du jury qui a préféré une des deux équipes togolaises, octroyant la seconde place à ceux qui ont pourtant vraiment fait le show…

Une table ornée d’une nappe aussi blanche que les éclairages sont rouge. La couleur du vin, du sang, celui de la vie mais aussi celui qui coule. En quarante minutes, les quatre intervenants ont offert un spectacle puissant, habité, mêlant danse et jeu dans une belle harmonie. Et même si les explications un peu fumeuses en fin de représentation auraient pu être évitées afin de laisser à chacun le soin d’interpréter tout ça comme bon lui semble, elles n’ont pas gâché ce beau moment.

Le temps d’un rapide changement de décor et l’ambiance est montée d’un cran. Après l’intimisme du « Rouge », c’est la folie bigarrée de la très attendue Breaking Battle qui a envahi l’espace du Magic Mirror de l’Institut français. Huit équipes de deux candidats, six pays. Chacune a quelques minutes pour en affronter une autre avec délibération immédiate du jury.

LA VIE EN ROSE CHEZ LES IVOIRIENS

Le show était de haute volée, incontestablement. Salto, appui tendu renversé, roulades et figures complexes se sont succédées grâce à ces véritables athlètes archi motivés. Il est simplement dommage que la victoire ait été accordée à ceux qui, sans démériter toutefois, se sont contentés de prestation classiques là où l’équipe ivoirienne s’est plue à constamment faire le show, arborant des couleurs inhabituelles (ah, cette tignasse rose bonbon) et prenant un vrai plaisir à casser les codes sans oublier de passer par la case de l’autodérision. Une souplesse tant physique que conceptuelle qui s’est malheureusement heurtée à une rigidité sans appel du jury. Dommage de ne pas récompenser celui qui cherche un tant soit peu à faire bouger les lignes…

Franck BORTELLE

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