
LE PAPE EST MORT, VIVE LE PAPE !
Malgré une minutieuse reconstitution d’un lieu très peu accessible au public, un soin particulier accordé aux costumes et une distribution de haut vol avec un Ralph Fiennes puissamment habité, voilà un thriller qui s’enlise par manque de rythme et n’hésite pas à flanquer son propos d’absurdités rares….
Le pape vient de mourir. Les cardinaux se réunissent pour élire le prochain. Chaque étape du scrutin fait l’objet de machinations les plus diaboliques qui soient. Tous les coups sont permis pour évincer les concurrents, sans parler que le défunt avait caché quelque chose que l’organisateur de l’élection doit absolument découvrir avant la désignation du nouveau souverain pontife.
TOUT POUR PLAIRE
Réalisateur bien connu pour ses séries tournées outre-Rhin, Edward Berger nous livre un thriller qui a tout pour plaire : un sujet pas si souvent abordé, une intrigue qui le pimente d’autant plus qu’il demeure un des faits les plus opiniâtrement gardés secrets. Hélas, du thriller ne reste pas grand-chose, le rythme inhérent au genre ayant passablement déserté l’écran. Filmé sans génie et même sans grand talent, ce « Conclave » pourtant doté d’énormes moyens savamment utilisés pour la confection des décors et des costumes, s’enlise par ailleurs dans une adjonction de faits d’une assez rare débilité.
Que viennent faire en effet ces histoires d’attentat islamiste au milieu de la grand-messe d’élection du souverain pontife, sans parler de cette idée qui se veut féministe d’avoir coller un utérus à l’heureux élu ? Du féminisme aussi rentre-dedans et amené avec l’élégance et la légèreté d’un AMX 30 (PS : un char d’assaut) ne devrait guère servir d’étendard à nos Despentes et autres passionaria de la cause.
UNE IMAGE MAGNIFIQUE
Tout cela est d’autant plus dommage que l’image est magnifique et les comédiens réalisent tous une belle performance, Ralph Fiennes et l’excellente Isabella Rossellini en tête. Mais cela ne suffira pas pour hisser bien haut ce film au firmament des grandes oeuvres ayant pénétré les voies du seigneur, qu’il s’agissent du chef-d’oeuvre de Pialat « Sous le soleil de Satan » ou « La loi du silence » d’Hitchcock pour ne citer que ces deux-là…
Franck BORTELLE
« Conclave » de Edward Berger, 2024, 2h00.
En DVD et sur les plateformes de téléchargement.
